Les vins et leurs Millesimes

Voici une façon interessante à mon sens de connaître les grandes années!

 

 

 

1997

Grand millésime en Bourgogne, avec des pinots noirs suaves et parfumés, plus souples que les 1996, et des chardonnays

superbes, étonnamment précoces. La réussite est exceptionnelle à Chablis et en Côte Châlonnaise. Les crus du Beaujolais

se signalent par leur équilibre et leur finesse. A Bordeaux, la qualité est irrégulière en raison des orages de la fin août. Les

Sauternes, qui ont bénéficié d'une arrière-saison idéale, sont riches et racés, en particulier les châteaux Climens, Coutet,

Doisy-Daëne, Rieussec et Rayne-Vigneau. Dans la vallée de la Loire, les vins moelleux d'Anjou et de Touraine sont

pareillement exceptionnels.

 

 

1996

Grande année en volume et en qualité. Des raisins magnifiques ont été récoltés sous un ciel serein. La réussite est spectaculaire

en Champagne, dans la vallée de la Loire et dans le Jura. Vins gras et voluptueux en Bourgogne, avec des blancs

d'anthologie, notamment à Chablis et en Corton Charlemagne. En Gironde, les châteaux Léoville Las Cases, Grand Puy

Lacoste, Montrose, Pontet Canet et Calon Ségur, entre autres, sont rayonnants de splendeur. Sur la rive droite, le merlot

ayant souffert des pluies diluviennes de l'été, les vins sont moins homogènes qu'en Médoc. Le marché reste frénétique, avec une

hausse de 50 % sur les crus les plus convoités.

 

 

1995

Un été chaud et sec donna enfin le grand millésime attendu. Du nord au sud, les vins se caractérisent par leur homogénéité et

leur franchise d'expression. A Bordeaux, face à la demande internationale, les grands crus montèrent leurs prix de 30 % dès la

première tranche. Les châteaux Pichon Lalande, Ducru Beaucaillou, Mouton-Rothschild, Latour, Lafite et l'Angélus

sont les crus les plus harmonieux. Petite récolte de qualité en Bourgogne, avec des vins puissants et fins, notamment en Côte de

Nuits et à Chassagne Montrachet. Réussite exceptionnelle dans les vallées de la Loire et du Rhône.

 

1994

Année irrégulière. Comme en 1991, 1992 et 1993, la pluie fut au rendez-vous de septembre, déversant des trombes d'eau

pendant trois semaines. A Bordeaux, les crus classés, qui ont écarté du grand vin 30 à 40 % de la récolte, apparaissent plus

concentrés que les 1993, notamment les châteaux Haut-Brion, La Mission Haut-Brion, Cheval-Blanc et Beauséjour

Bécot. Vendangés avant les pluies, les Graves blancs sont éblouissants de pureté et d'équilibre. En Bourgogne, les vins

rouges, légers et délicats, se comparent aux 1992. Les blancs sont gras et charmeurs.

 

1993

Millésime sauvé des eaux. Après un été magnifique, on vendangea sous une pluie battante et continue. A la fin des

vinifications, les viticulteurs furent les premiers surpris par la couleur radieuse et la fermeté des vins. En Gironde, les Pomerol,

les St-Emilion et les Pessac, vendangés avant les Médoc, ne présentent aucune trace de dilution. Les châteaux L'Evangile,

Cheval-Blanc et Haut-Brion sont dignes de tous les éloges. En Bourgogne, les vins rouges de la Côte de Nuits, par leur

richesse aromatique et la puissance de leurs tannins, talonnent les glorieux 1990.

 

1992

Année pléthorique. En Gironde, on vendangea sous la pluie des raisins gorgés d'eau qui engendrèrent une marée de vins légers

et sans grand caractère. En Bourgogne, où le chardonnay fut récolté avant les pluies, les vins blancs se révélèrent

exceptionnels d'équilibre et de pureté de saveur. Les rouges sont fruités et tendres.

 

1991

Petite récolte de qualité irrégulière. En Gironde, le gel du 21 avril frappa durement la vigne, notamment sur le secteur de

Pomerol et de St-Emilion. Après un mois d'août exceptionnellement chaud, le raisin fut malheureusement dilué par les pluies de

septembre. Les vins rouges de Bourgogne, contre toute attente, ont superbement évolué.

 

 

1990

Millésime exceptionnel en qualité comme en quantité. En Bourgogne, les vins rouges, par leur équilibre et leur richesse de

sève, rappellent les somptueux 1947. Les vins blancs, qui n'ont pas l'opulence des 1989, séduisent par leur fraîcheur et leur

délicatesse. A Bordeaux, les châteaux Sociando Mallet, Pichon Longueville, Haut-Brion, La Conseillante et

L'Angélus sont des modèles de charme et de distinction. L'acidité est basse, en raison du volume de la récolte, mais les

tannins sont puissants et veloutés. Vendangés avant les rouges, les Sauternes enregistrent des records de richesse et

d'onctuosité.

 

 

1989

Année généreuse et précoce, due à un temps idéal. En Gironde, les merlots étaient déjà mûrs à la fin août, mais les cabernets,

malgré leur richesse en sucre, n'atteignirent leur maturité optimale que dans la deuxième semaine d'octobre. La date des

vendanges fut un facteur déterminant de réussite. Les châteaux Haut-Brion, La Mission Haut-Brion, Lynch-Bages,

Léoville Las Cases, Palmer, Pavie, Clinet et Pétrus sont spectaculaires de puissance, de volume et de gras. En

Bourgogne, les vins blancs, riches et voluptueux, sont déjà des classiques. Les rouges, avec leurs tannins veloutés, sont

excellents.

 

1988

Excellent millésime. En Bourgogne, les vins rouges, tanniques et racés, entrent dans une phase de dialogue, après une longue

période de mutisme. Les blancs, nerveux et délicats, arrivent à maturité. A Bordeaux, les châteaux Lafite, Léoville Las

Cases, Calon Ségur, Ausone, L'Angélus, Lafleur et Pétrus se signalent par la puissance de leurs tannins. Dans l'ensemble,

les crus de la rive droite apparaissent plus riches que les Médoc. Les Graves blancs sont exceptionnels d'équilibre et

d'élégance, tandis que les Sauternes s'apparentent, par leur somptuosité, aux fabuleux 1937.

 

1987

Année moyenne, dont les vins, légers mais agréables, furent totalement éclipsés par leurs prestigieux rivaux. En Bourgogne,

les vins rouges, qui ont fort bien vieilli, sont surprenants de finesse et d'élégance.

 

1986

Excellent millésime à Bordeaux, où les Médoc, sous leur robe sombre et leurs tannins sévères, s'affirment en tant que puissants

vins de garde. Les châteaux Lafite, Mouton-Rothschild, Margaux, Pichon Lalande, Léoville Las Cases et Cos

d'Estournel pourraient bien défier les 1982. Les crus de la rive droite sont moins imposants, à l'exception du Vieux Château

Certan. Les vins liquoreux, richement botrytisés, sont exceptionnels. En Bourgogne, les vins rouges, issus de raisins délavés

par les orages, furent maigres et acides. La plupart sont sur le déclin. Les vins blancs, qui furent excellents, sont à boire sans

attendre.

 

 

1985

Année exceptionnelle. En Gironde, les St-Emilion, veloutés et suaves, ont une concentration égale aux 1982, avec un surcroît

de finesse. Les Médoc, plus tendres, séduisent par leur élégance et leur précocité. Les châteaux Cheval-Blanc, L'Arrosée,

Soutard, Pichon Lalande et Lynch Bages se distinguent par leur richesse et leur équilibre. En Bourgogne, les vins rouges,

éminemment charmeurs dans leur jeune âge, ont évolué prématurément en raison d'une acidité trop basse. Les blancs, en

revanche, demeurent éblouissants de richesse et de complexité aromatique. Grande réussite en Champagne, avec des blancs

de blancs incomparables.

 

1984

Petit millésime. Un climat défavorable s'installa dès le printemps, avec la coulure de la fleur, jusqu'aux vendanges, qui furent

interrompues à Bordeaux par un cyclone. Les vins, lourdement chaptalisés, furent très modestes.

 

1983

Bon millésime en Gironde, avec des vins généreux et colorés, d'évolution plus rapide que les 1982. L'Evangile, Vieux

Château Certan, Cheval Blanc, Margaux, Palmer et Pichon Lalande sont les crus les plus harmonieux. En Côte d'Or,

en dépit des assertions optimistes de la presse, l'année se révéla catastrophique pour les vins rouges, en raison de la pourriture

grise qui se répandit dans les vignes. Malgré les tris pratiqués à la vendange, la plupart des vins furent oxydés quelques années

après la mise.

 

 

1982

Année généreuse en quantité comme en qualité. La réussite fut générale à Bordeaux, avec des vins riches et charmeurs, dont la

texture veloutée évoque immanquablement les 1929. Les châteaux Lafite, Mouton Rothschild, Margaux, Léoville Las

Cases, Pichon Lalande et Cheval Blanc, notés 100/100 par Robert Parker, sont entrés dans la légende. La récolte fut

également pléthorique en Bourgogne, où les orages de l'été ont malheureusement dilué le raisin. Les vins rouges, légers et

tendres, sont à boire sans tarder.

 

1981

Bon millésime en Gironde, avec des vins élégants et souples. Les Graves, par la noblesse de leurs tannins, apparaissent plus

complets que les Médoc, notamment le Château Haut-Brion et le Domaine de Chevalier. Les vins du sauternais, en

particulier les Barsac, sont rayonnants de fraîcheur et d'équilibre. En Bourgogne, les vins rouges se sont montrés, pour la

plupart, maigres et décevants. Dans la vallée du Rhône, les Châteauneuf-du-Pape sont exceptionnels.

 

1980

Année médiocre. Après un été maussade et une arrière-saison relativement clémente, la date des vendanges coïncida avec

l'arrivée des pluies. Les vins, dans l'ensemble, furent légers et peu convaincants. Il y eut toutefois quelques surprises agréables

parmi les Sauternes et les Côtes de Nuits.

 

1979

Une récolte généreuse produisit des vins fruités et harmonieux. En Gironde, les St-Emilion et les Pomerol, riches et colorés, se

sont révélés supérieurs aux 1978. Les châteaux Margaux, Pichon Lalande, Haut-Brion, Lafleur, Certan de May et Le

Pin sont actuellement les crus les plus prisés. En Bourgogne, les vins blancs, riches et gras, sont des modèles d'élégance et

d'équilibre.

 

 

1978

Baptisée l'année du miracle, le millésime fut sauvé, in extremis, par une arrière-saison splendide. La qualité fut exceptionnelle

dans la vallée du Rhône et en Bourgogne, où les grands crus, rouges et blancs, sont devenus des classiques. En Gironde, si

les vins de la rive droite ont évolué plus vite que prévu, les grands crus du Médoc et des Graves sont encore pleinement

satisfaisants, en particulier les châteaux Margaux, Latour, Léoville Las Cases, Haut-Brion, La Mission Haut-Brion et le

Domaine de Chevalier.

 

1977

Année malheureuse. De sévères gelées de printemps furent suivies d'un été froid et humide. On récolta, en octobre, des raisins

verts et acides. Le vin qui en résulta fut maigre et globalement décevant.

 

1976

Grand millésime en Bourgogne. Après une sécheresse accablante, on vendangea des raisins concentrés qui donnèrent un vin

aux tannins puissants, d'une richesse exceptionnelle. Les grands crus, qui ont évolué lentement, commencent seulement à

s'exprimer. Les Bordeaux, dilués par la pluie, sont élégants et souples. Les châteaux Lafite, Montrose, La Lagune, Ausone,

Figeac et Latour à Pomerol, entre autres, se signalent par leur plénitude et leur équilibre. Les Sauternes, sous leur robe

d'ambre, sont riches et opulents.

 

1975

Année exceptionnelle en Gironde. Les vins rouges, tanniques et colorés, semblent bâtis pour une très longue garde. A l'heure

actuelle, la plupart des crus sont fermés et résolument austères. Les St-Emilion et surtout les Pomerol apparaissent plus

harmonieux que les vins de la rive gauche, notamment les châteaux Lafleur, L'Evangile, Trotanoy et Pétrus. Les

Sauternes, élégants et majestueux, sont exceptionnels. L'année fut désastreuse en Bourgogne, sauf à Chablis, où les grands

crus se révélèrent magnifiques.

 

1973,1974

En 1973, les trombes d'eau qui s'abattirent sur le vignoble le 15 septembre noyèrent de grands espoirs. On vendangea des

raisins détrempés qui donnèrent une marée de vins légers et sans caractère. Le scénario fut à peu près identique en 1974, mais

les vins, plus colorés et mieux structurés que les 1973, évoluèrent favorablement. En Gironde, après la révélation du scandale

de Bordeaux, les clients désertèrent la place et les vins furent bradés dans les grandes surfaces.

 

1972

Année médiocre en Gironde, avec des vins acides et fluets. Grisés par l'euphorie des années précédentes, les producteurs

bordelais réussirent à vendre leurs crus classés à des prix exorbitants. Lorsque la presse internationale révéla la médiocrité du

vin, ce fut l'effondrement des cours et la déconfiture des spéculateurs. En Bourgogne, les grands crus ont superbement évolué

et sont aujourd'hui rayonnants d'équilibre et de distinction.

 

1971

Une petite récolte produisit des vins harmonieux et flatteurs, largement surévalués à Bordeaux. Sous la pression des

investisseurs, les prix aux châteaux atteignirent des hauteurs vertigineuses. Les Médoc, qui n'avaient pas la couleur ni la

concentration des 1970, vieillirent prématurément. Sur la rive droite, quelques crus se distinguèrent par leur vigueur et leur

plénitude, en particulier Pétrus, Trotanoy et La Dominique.

 

1970

 

Millésime exceptionnel en qualité et en quantité. Les Bordeaux, riches et colorés, furent savoureux dès leur plus jeune âge.

Tous les crus étaient remarquables, sur la rive droite comme sur la rive gauche. La demande était telle que les châteaux

montèrent leur prix à chaque tranche, passant parfois du simple au double en l'espace de quelques mois. Les vins, qui ont

évolué lentement mais sûrement, sont grandioses à l'heure actuelle, notamment Palmer, Lynch-Bages, Latour, La Mission

Haut-Brion, La Conseillante, Trotanoy et Pétrus.

 

1969

En Gironde, après un été chaud et radieux, des pluies torrentielles inondèrent le vignoble en septembre, noyant les plus beaux

espoirs. Les vins, maigres et austères, se vendirent à des prix élevés en raison du nouvel engouement des spéculateurs pour l'or

rouge. En Bourgogne, une arrière-saison particulièrement clémente engendra des vins puissants et concentrés, qui sont

aujourd'hui de grands classiques.

 

1968

Un record de pluie fut enregistré en août. On vendangea des raisins gorgés d'eau qui donnèrent un vin délavé. Le désastre fut

général. Tous les St-Emilion furent déclassés, à l'exception du Château Figeac.

 

1967

Une récolte prolifique engendra des vins légers et tendres, qui furent agréables dans leur jeune âge. En Gironde, les crus de la

rive droite furent plus complets que les Médoc. Les châteaux Cheval-Blanc, Pétrus et Trotanoy, sans doute les meilleurs

vins du millésime, se sont montrés supérieurs aux 1966. Les Sauternes furent exceptionnels, et Yquem est un chef-d'œuvre

absolu.

 

1966

Grand millésime, avec des vins denses et colorés, qui furent accueillis avec enthousiasme. Les Bordeaux, cependant,

évoluèrent de façon imprévue. Beaucoup de vins ont perdu leur fruit tout en conservant des tannins rudes et austères. A côté de

ces crus décevants, d'autres ont superbement vieilli et se montrent aujourd'hui dans toute leur splendeur, en particulier les

châteaux Latour, Palmer, Léoville Las Cases, Pichon Lalande, Calon Segur et La Mission Haut-Brion.

 

1965

Année désastreuse. Les pluies continuelles de septembre favorisèrent la pourriture grise qui envahit le vignoble. Le vin qui en

résultat fut pitoyable, il n'en reste qu'un triste souvenir.

 

1964

 

Très beau millésime pour les viticulteurs qui vendangèrent avant les pluies. Ceux qui décidèrent d'attendre pour récolter des

raisins surmûris virent leurs espoirs déçus. Une pluie incessante, à partir du 8 octobre, altéra considérablement la vendange. En

Médoc, Lafite, Mouton-Rothschild, Lynch-Bages et Calon-Ségur firent le mauvais choix. Les vignobles de la rive droite, plus

précoces que les Médoc, produisirent d'excellents vins, en particulier Figeac, Soutard et Vieux Château Certan. Dans les

Graves, le Château Haut-Brion, harmonieux et racé, connut un succès notoire. Les vins de Bourgogne, plus réguliers que

les Bordeaux, furent remarquables d'équilibre et de finesse.

 

1963

Année catastrophique. Un été froid et pluvieux engendra un vin pâle et fluet, si léger qu'on ne put le sauver, même à grand

renfort de sucre. Seul le Château Latour réussit à produire un vin honorable, véritable prouesse qui étonne encore

aujourd'hui.

 

1962

Une récolte généreuse donna des vins fruités et tendres, très agréables dans leur prime jeunesse. En Gironde, Pétrus,

Mouton-Rothschild, Palmer et Gruaud Larose, plus concentrés que leurs pairs, furent les crus les plus harmonieux.

L'arrière-saison fut favorable aux Sauternes. Les châteaux Yquem, Climens, Coutet et Rayne Vigneau, entre autres, furent

remarquables d'équilibre et de délicatesse.

 

1961

 

Grand millésime classique. De sévères gelées de printemps réduisirent de moitié la charge des grappes sur les ceps. Après un

été chaud et sec, on vendangea des raisins exceptionnellement concentrés, qui donnèrent un vin riche et puissant, d'un équilibre

souverain. La presse annonça le millésime du siècle, et les prix s'élevèrent, notamment à Bordeaux, vers des hauteurs

vertigineuses. Légendaire dès sa naissance, le millésime 1961 est considéré comme un modèle de classicisme. Aujourd'hui au

faîte de leur gloire, les châteaux Haut-Brion, La Mission Haut-Brion, Latour, Margaux, Gruaud Larose, Palmer,

Cheval-Blanc et Pétrus, entre autres, sont rayonnants de splendeur.

 

1960

Récolte abondante de raisins dilués par la pluie. Vins légers, souvent chaptalisés à l'excès, qui n'ont pas laissé de grands

souvenirs.

 

 

1959

Très grande année. Après un été exceptionnellement chaud, on vendangea des raisins mûrs et concentrés, qui donnèrent un vin

riche et voluptueux. En Médoc, les Pauillac et les St-Julien atteignirent des sommets d'élégance et de plénitude. Lafite

devint légendaire pour son bouquet floral et majestueux. Les châteaux Léoville Barton, Ducru Beaucaillou, Gruaud

Larose, Beychevelle, entre autres, sont toujours éblouissants de charme et d'équilibre. Les vins blancs liquoreux, somptueux,

sont devenus des classiques incontournables.

 

1958

Année moyenne, avec des vins légers et sans prétention, qui furent agréables jusqu'à la fin des années soixante. En Gironde,

les châteaux Latour, Mouton-Rothschild et surtout La Mission Haut-Brion, plus concentrés que leurs pairs, se

distinguèrent par leur ampleur et leur élégance.

 

1957

Après un été maussade, une maigre récolte produisit des vins fermes et résolument austères. Le Château Cos d'Estournel,

puissant et harmonieux, fut certainement le meilleur vin du Médoc. Dans les Graves, Haut-Brion et Haut-Bailly furent

remarquables d'équilibre et de finesse.

 

1956

Millésime catastrophique. Ce fut l'année des terribles gelées qui frappèrent la France, en février, après une période de

douceur inhabituelle, causant la perte de milliers de pieds de vigne. Le vignoble bordelais fut le plus sévèrement touché,

notamment les crus de Pomerol et de St-Emilion.

 

 

1955

Grand millésime, en volume et en qualité. Les Bordeaux, élégants et flatteurs, bénéficièrent d'une bonne presse et se vendirent

à des prix élevés. Cos d'Estournel, Ducru Beaucaillou, Pape Clément, Vieux Château Certan et Figeac furent les crus

les plus complets. Aujourd'hui, ce sont des vins légers, couleur acajou, qui séduisent encore par leur texture de soie et leur

bouquet délicat. Les Sauternes furent excellents, et Yquem demeure un grand classique.

 

1954

Année médiocre. On vendangea sous la pluie des raisins délavés, qui donnèrent un vin pâle et fluet. Les Bordeaux, à

l'exception des châteaux Margaux et Latour, vieillirent prématurément.

 

1953

Grande année, avec des vins fruités, harmonieux et charmeurs. Les Médoc connurent un succès immédiat. Lafite, Margaux,

Mouton-Rothschild, La Mission Haut-Brion et La Tour de Mons furent les crus les plus prisés. Les vins du libournais,

plus irréguliers, n'ont pas eu la richesse de saveur des 1952.

 

1952

Petite récolte qui donna des vins fermes et austères, excessivement tanniques. Mieux équilibrés que les Médoc, les St-Emilion

et les Pomerol furent excellents. Figeac, La Gaffelière Naudes, Vieux Châteaux Certan, Lafleur-Pétrus et La Croix de

Gay furent remarquables de concentration et de puissance.

 

1951

Une vendange misérable fut noyée sous des trombes d'eau. Les vins, lourdement chaptalisés, se négocièrent à vils prix.

 

1950

Grosse récolte diluée par la pluie. Vins légers mais harmonieux, qui évoluèrent mieux que prévu. Vendus à des prix modestes,

ils se révélèrent d'excellentes affaires pour leurs acquéreurs. Les châteaux Latour, Margaux, La Mission Haut-Brion et

Cos d'Estournel, entre autres, sont encore agréables aujourd'hui.

 

 

1949

Millésime exceptionnel, avec des vins concentrés et puissants, qui ont magnifiquement évolué, allant jusqu'à défier les glorieux

1947 et 1945. En Médoc, Mouton-Rothschild est entré dans la légende pour sa puissance colossale, tandis que Lafite et

Margaux s'imposèrent par leur équilibre majestueux. Dans le libournais, Pétrus, éblouissant de richesse, s'éleva au niveau du

légendaire 1947. Les Sauternes furent également somptueux, notamment les châteaux Coutet, Climens, Rieussec et Yquem.

 

1948

Une vendange honorable produisit des vins durs et austères, d'acidité élevée. En Médoc, les châteaux Léoville Barton et

Brane Cantenac se distinguèrent par leur équilibre et leur finesse. Dans les Graves, La Mission Haut-Brion fut remarquable

de vigueur et d'harmonie.

 

 

1947

Grande année classique, avec des vins charmeurs et voluptueux, dont la douceur rappelait les 1929. En Gironde, les vins les

plus riches furent les St-Emilion et les Pomerol, qui devinrent légendaires. Pétrus et Cheval-Blanc, suaves et opulents, sont

devenus des vins mythiques, recherchés sur les cinq continents. Dans le sauternais, Yquem et Climens furent pareillement

glorieux. Les vins du Médoc, excellents dans leur prime jeunesse, furent ensuite desservis par leur richesse en sucre. Nombre

d'entre eux souffrirent d'un excès d'acidité volatile.

 

1946

Petit millésime de peu d'intérêt, totalement éclipsé par ses illustres concurrents. Il y eut néanmoins quelques bonnes surprises,

notamment les châteaux Latour et Mouton-Rothschild.

 

 

1945

Glorieux entre tous, le millésime de la victoire connut un succès commercial sans précédent. La récolte fut

exceptionnellement faible, en raison d'une gelée de printemps catastrophique. Après un été idéal, on vendangea des raisins mûrs

et concentrés, qui donnèrent un vin de légende. Les Bordeaux, riches de leurs tannins puissants, évoluèrent lentement mais

sûrement. Les châteaux Lafite, Latour, Mouton-Rothschild, Cos d'Estournel, Palmer, Soutard et Yquem, entre autres,

devinrent des classiques incontournables. A l'heure actuelle, ces vins sont toujours éblouissants de richesse, d'harmonie et de

distinction.

 

1943,1944

En 1943, la récolte fut globalement satisfaisante. A Bordeaux, les crus les plus complets furent les St-Emilion, les Pomerol

et les Sauternes. En 1944, une vendange abondante engendra un vin mince, de peu de couleur, qui fut vite bu et vite oublié.

 

1940,1941,1942

Sous l'occupation allemande, la production et la commercialisation des vins étaient fortement perturbées. En 1940 et en 1941,

les récoltes furent médiocres, en quantité comme en qualité. En revanche, 1942 fut un millésime honorable, avec des vins fruités

et harmonieux.

 

1938,1939

En 1938, une petite récolte donna des vins légers, mais agréables. En Médoc, les châteaux Latour et Léoville Las Cases se

distinguèrent par leur équilibre et leur longévité. Le millésime 1939 fut beaucoup plus généreux en volume, mais de qualité très

moyenne.

 

1937

Vins robustes et charpentés, très austères au départ, mais qui ont évolué favorablement. En Médoc, les vins furent souvent

desservis par des tannins trop présents. En revanche, les St-Emilion, les Pomerol et les Graves, comme en 1934, furent

beaucoup plus harmonieux. Dans le sauternais, les châteaux Climens et Yquem produisirent de somptueux nectars, très prisés

de nos jours.

 

1935,1936

En 1935, la vendange manquait de maturité et produisit des vins légers et sans caractère. Le millésime 1936 fut encore plus

décevant.

 

1934

Une récolte généreuse donna un vin excessivement tannique. Les Bordeaux étaient particulièrement austères, à l'exception des

St-Emilion et des Pomerol, qui furent excellents. Cheval-Blanc, riche et velouté, fut le meilleur vin du millésime, suivi de

près par La Gaffelière Naudes et le Clos Fourtet. L'année fut également favorable aux Sauternes, qui furent harmonieux et

racés.

 

1933

Après trois années désastreuses, alors que le cauchemar de la crise économique commençait à s'estomper, le millésime 1933

fit naître un nouvel espoir. Ce fut encore une désillusion avec un vin léger, acide, et globalement décevant.

 

1930, 1931, 1932

Une période noire pour les producteurs, qui virent se succéder trois années catastrophiques. En 1930, le vin était si décharné

qu'il ne trouva pas d'acheteur. Il fut consommé sur place. Le millésime 1931, vendangé sous une pluie battante, donna un vin

fluet et acide, qui ne suscita guère d'intérêt. Nouvel échec l'année suivante, en 1932, avec un vin qui fut qualifié d'exécrable par

les négociants bordelais.

 

 

1929

Millésime voluptueux qui suscita l'enthousiasme, dès sa naissance, par sa précocité, par son charme immédiat, par sa douceur

et par sa richesse somptueuse. L'année du siècle ? Il faut bien admettre que les grands millésimes postérieurs, comme 1945 ou

1961, n'ont pas eu l'opulence légendaire de 1929. A Bordeaux, les crus les plus spectaculaires furent les châteaux Latour,

Mouton-Rothschild, Léoville Poyferré, Pichon Longueville, Pontet-Canet, Lanessan et La Tour de Mons. Tous ces

crus sont encore somptueux aujourd'hui, mais les autres sont, pour la plupart, sur le déclin. Les Sauternes furent pareillement

exceptionnels, et Yquem, monumental, n'a rien perdu de son panache.

 

 

1928

Grand millésime classique. Une récolte généreuse, après un été exceptionnellement chaud, produisit des vins solides, fortement

charpentés. Les Bordeaux 1928 étaient plus durs, plus sévères que les opulents 1929, mais le temps joua en leur faveur, et ils

réussirent à surpasser, en durée de vie, leur glorieux cadet. Les châteaux Léoville Las Cases, Palmer et Haut-Bailly se

distinguèrent par leur élégance et leur plénitude. Lafite, en revanche, connut un échec notoire.

 

1925, 1926, 1927

En 1925, une récolte très prolifique produisit un gros volume de vins dilués et sans grand intérêt. Le millésime 1926 ne donna

qu'une petite récolte d'un vin dur et austère, mais qui sut résister à l'épreuve du temps. A Bordeaux, les châteaux Cos

d'Estournel et La Mission Haut-Brion, entre autres, sont toujours pleins de vigueur et de fruit. Quant à l'année 1927, elle

fut désastreuse.

 

1924

 

Très beau millésime, avec des vins complets et harmonieux, qui vieillirent avec grâce. Des réussites exceptionnelles en Médoc,

dans les Graves et à St-Emilion. Les châteaux Margaux, Giscours, Léoville-Poyferré, Haut-Brion et Cheval-Blanc furent

excellents jusqu'à la fin des années soixante. De nos jours, il convient d'être indulgent avec ces bouteilles.

 

1922, 1923

Deux années prolifiques, qui donnèrent des vins légers, faibles en couleur et en acidité. Il y eut néanmoins quelques bonnes

surprises, entre autres, les châteaux Haut-Brion 1922, Palmer, Cantemerle et Ausone 1923.

 

 

1921

Millésime exceptionnel. Après un été torride, on récolta des raisins gorgés de sucre, qui donnèrent un vin puissant et suave,

d'une douceur inhabituelle en Gironde. Ce fut l'année du siècle pour les St-Emilion. Cheval-Blanc se présentait avec une

telle opulence qu'il devint légendaire quelques années après sa naissance. Le climat fut également favorable aux Sauternes, et

Yquem connut la même gloire que Cheval-Blanc. Il n'a rien perdu de sa magnificence et étonne encore tous les dégustateurs

qui ont la chance de l'approcher.

 

1920

 

Année légendaire, avec des vins qui atteignirent des sommets en matière d'élégance et de raffinement. Moins riches que les

opulents 1929, auxquels on les compara souvent, les 1920 étaient certainement plus distingués, plus subtils. Pratiquement tous

les crus étaient exceptionnels, mais les plus remarquables furent les châteaux Latour et Cheval-Blanc. Aujourd'hui, quelques

quatre-vingts ans après la récolte, les rares flacons qui ont été conservés sont malheureusement sur le déclin.

 

1917, 1918, 1919

L'année 1917 ne fut pas une réussite, peut-être en raison des évènements tumultueux de l'époque. Le millésime 1918, qui vit la

fin des hostilités, connut un succès d'estime. Aujourd'hui, il ne présente plus qu'un intérêt historique. Les vins de 1919, riches et

concentrés en Côte d'Or, furent globalement décevants en Gironde, à l'exception du Château Latour.

 

1915, 1916

Remarquable en Bourgogne, le millésime 1915 fut médiocre à Bordeaux. En revanche, 1916 fut une grande année,

unanimement reconnue. Puissants et corsés, les vins évoluèrent lentement mais sûrement. Dans le Médoc, les châteaux Latour,

Mouton-Rothschild, Cantemerle, entre autres, brillèrent par leur vigueur et leur distinction.

 

1912, 1913, 1914

En 1912, la vigne fut affectée par le mildiou, et le vin souffrit d'un excès d'acidité. L'année 1913, avec des vins maigres et

acides, ne laissa pas de grands souvenirs. Le millésime 1914 connut un succès éphémère. En raison d'une pénurie de main

d'œuvre (les hommes étaient au front), beaucoup de vins restèrent trop longtemps en fûts. Ils vieillirent prématurément. La

nature fut plus clémente pour les Sauternes, encore excellents de nos jours, sous leur belle robe d'ambre.

 

1911

Un été exceptionnellement chaud produisit un millésime classique en Bourgogne. Les crus qui

ont été bien conservés sont encore étonnants de jeunesse, avec de superbes arômes de musc, de bois de santal et de truffe.

Les vins de Bordeaux, plus ternes, furent éclipsés par le succès de leurs brillants rivaux.

 

1907, 1908, 1909, 1910

En 1907, la vendange, très abondante, fut affectée par l'oïdium. Le résultat fut un vin frêle dont il ne reste rien aujourd'hui. Les

deux années qui suivirent furent décevantes, en dépit des espoirs suscités par le millésime 1909, qui ne parvint pas à tenir ses

promesses. En 1910, on parla de catastrophe du siècle, tant l'année fut désastreuse, en qualité comme en quantité.

 

1906

Grand millésime. Un été chaud et une récolte relativement réduite engendrèrent des vins riches et concentrés. De façon

générale, le millésime s'est bien comporté dans le temps. A Bordeaux, les châteaux Haut-Brion et La Lagune se

distinguèrent entre tous par leur vigueur et leur plénitude.

 

1901, 1902, 1903, 1904, 1905

Une série de millésimes décevants. Les récoltes 1904 et 1905 produisirent des vins élégants et fins, mais trop légers pour

pouvoir affronter les outrages du temps.

 

1899, 1900

 

Deux années exceptionnelles, dont on compara longtemps les mérites, comme on le fit plus tard avec 1928 et 1929.

L'abondance de la récolte 1900 entraîna la chute des cours, bien que la qualité fût indiscutable. Il y avait alors trop de bons vins

sur le marché ! Ces deux millésimes devinrent des classiques et sont encore très prisés aujourd'hui, bien qu'il soit hasardeux de

déboucher les bouteilles. Les grands crus de Bordeaux, goûtés sur place, au château, sont encore magnifiques. Les plus

recherchés sont les châteaux Haut-Brion et Mouton-Rothschild 1899, Margaux, Lafite, Léoville Las Cases et Yquem

1900.

 

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